lundi 6 mars 2017

Carnet de citations : Faux-monnayeurs / Le Journal des Faux-monnayeurs

Citations Faux-monnayeurs d’André Gide :
Partie I : Paris
Chapitre I (p.13):
« Ne pas savoir qui est son père, c'est ça qui guérit de la peur de lui ressembler ».
Ø  Bernard ayant découvert que son père n’est pas son père biologique tente de calmer son inquiétude à propos de l’identité ou de la réputation de son parent biologique.
Quand on est enfant, on a cette envie de ressembler à son père ou à sa mère parce que nos parents sont nos héros ; en grandissant cette envie se transforme en peur car nous remarquons les erreurs qu’ils commettent. Ces erreurs sont celles que nous ne voudrions jamais effectuer.
Chapitre II (p.21):
« Que sert d'interdire ce que l'on ne peut pas empêcher ? »
Ø  Profitendieu en parlant de l’éducation de ses enfants.
Il conçoit que ses enfants doivent être libres d’agir puisque s’ils voudront mettre en œuvre un projet rien ne pourra les arrêter et sûrement pas l’autorité paternelle. Cette citation démontre la puissance de la jeunesse, cette liberté inconditionnelle et impulsive.
Partie III : Paris
Chapitre III (p.243):
« J’avais peur au lieu de m’endormir, de me réveiller brusquement. »
Ø  La Pérouse qui parle de la (sa) mort.
De la mort on y associe un sommeil éternel. La Pérouse qui a passé la moitié de sa vie endormi par les mensonges de sa femme pense que c’est par la mort qu’il trouvera la paix qu’il recherchait depuis longtemps. Au moment de se suicider la peur lui vient car on ne sait rien (concrètement) de la mort ; la peur de l’inconnue donc. (Etant chrétien La Pérouse croit en la vie après la mort ce qu’il voudrait dire qu’il aurait peur de ce qu’il pourrait découvrir après son suicide.)
Chapitre V (p.257):
« Il avait cédé au besoin de briller, et de citer, comme négligemment, une phrase qu’il estimait de nature à épater son ami. »
Ø  Ayant pris exemple sur Passavant, Olivier s’applique à agir comme lui : en homme vantard et prétentieux. Devant son ami Bernard il joue l’homme talentueux pour rayonner à ses yeux puisque cela fait longtemps qu’ils ne se sont pas rencontrés.
Ici on remarque une évolution dans la personnalité d’Olivier au début timide qui tente de s’imposer en tant qu’homme des lettres.
Chapitre VIII (p.79) :
« Les convictions artistiques dont il fait montre, ne s’affirment si véhémentes que parce qu’elles ne sont pas profondes ; nulle secrète exigence de tempérament ne les commande ; elles répondent à la dictée de l’époque ; leur mot d’ordre est : opportunité. »
Ø  Edouard à propos de l’art littéraire de Passavant.
Pour l’auteur raté, Passavant ne détient pas sa célébrité grâce à son roman mais grâce à son analyse par rapport à l’attente des lecteurs ; Passavant n’écrit pas pour le plaisir mais pour l’argent.

Citations : Journal des Faux-monnayeurs :

Premier cahier (p.15) :
« Il n’est pas bon d’opposer un personnage à un autre, ou de faire des pendants (déplorables procédés des romantiques). »
Ø  Ici, Gide nous rappelle sa volonté de produire un roman différent de tous les genres encore connu par les lecteurs, en se démarquant en premier par le style romantique.
Premier cahier (p.37) :
« J’en voudrais un (le diable) qui circulerait incognito à travers tout le livre et dont la réalité s’affirmerait d’autant plus qu’on croirait moins en lui. »
Ø  A travers le journal, nous considérons un aspect religieux dans le roman les Faux-monnayeurs. Grâce à cette citation, rappelant le désir de Gide d’instaurer la présence du diable tout au long du récit, elle prouve que certains personnages n’agissent pas moralement.
Deuxième chapitre (p.63) :
« Les chapitres, ainsi, s’ajoutent, non point les uns après les autres, mais repoussant toujours plus loin celui que je pensais d’abord devoir être le premier. »
Ø  Cette citation du journal expliquerait ces nombreux retours en arrière présents dans le roman pour pousser le récit à avancer.
Deuxième chapitre (p.82) :
« Dès la première ligne de mon premier livre, j’ai cherché l’expression directe de l’état de mon personnage, - telle phrase qui fût directement révélatrice de son état intérieur – plutôt que de dépeindre cet état. »
Ø  Cette citation du journal nous fait comprendre que Gide a voulu décrire la situation de ses personnages sans artifices ; Gide n’a pas voulu les montrer aux lecteurs avec des personnalités encore à imaginer mais pleinement et entièrement présenté.
Deuxième cahier (p.98) :
« Le génie du roman fait vivre le possible ; il ne le fait pas revivre le réel. »

Ø  Par cette citation du journal, nous apprenons que Gide n’essaie pas de retranscrire la réalité dans son roman les Faux-monnayeurs, il tente de faire de son histoire une réalité.

dimanche 5 mars 2017

Les faux monnayeurs en citations

 "Depuis quelques temps, des pièces de fausse monnaie circulent" 
Je trouve que cette citation est importante car nous y retrouvons le titre du roman. Nous pouvons ainsi en déduire l'origine du titre. La fausse monnaie faisant allusion au faux ou encore aux illusions.

-  " Ce qu'on appelle un " esprit faux " " J'ai choisi cette citation car je trouve qu'elle complète mon explication de la première citation. Dans le sens où on peut rattacher la fausse monnaie a une certaine interprétation de "l'esprit faux". 

- " Purger de tous les éléments qui n’appartiennent pas spécifiquement au roman " dans Le Journal des Faux Monnayeurs. D'après moi, cette citation montre comment Gide a chercher un autre style que le roman. Elle le prouve. 

-  "Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les faits parler. Le vrai romancier les écoutes et les regardes agir". Nous pouvons voir qu'il fait une critique des romanciers qu'il qualifie de "mauvais romancier" et nous en déduisons que le personnages de Passavant exprime cette critique. 

"Il me faut pour bien écrire se livre, me persuader que c'est le seul roman et dernier livre que j'écrirai. J'y veux tout verser sans réserve."   Cette citation est importante car elle montre l'attachement de l'écrivain à son livre, elle montre qu'il s'inscrit dans le livre. Et je trouve qu'on peux voir la mise en abîme qu'on retrouve dans le livre ici, tout commence par l'écrivain pour créer l'histoire puis encore une autre et ainsi de suite. 

- " L'important n'est pas tant d'être franc que de permettre à l'autre de l'être. "

" Les passions mènent l'homme, non les idées." A travers cette citation nous pouvons comprendre le comportement des personnages. C'est la passion qui conduit l'histoire et non les idées. 

"Dans un monde où chacun triche c'est l'homme vrai qui fait figure de charlatan"

Wone Diélia



Citations d'André Gide

Citations "Les faux-monnayeurs" d'André Gide :

" et maintenant, nous allons tuder le petit Bercail" p290. Ici on retrouve un Alfred Jarry, existant dans la vie réelle, et transposé dans le roman par André Gide. L'auteur critique Alfred Jarry, comme Passavant ( lui, fictif) qu'il considère comme des écrivains inauthentiques. A ce moment, Jarry est complètement ivre et se donne en spectacle. Ayant joué Ubu roi dans mon option théâtre première et n'ayant pas du tout aimé le texte, j'ai eu envie de prendre cette citation comme ma petite revanche sur Jarry.

"La famille respectait sa solitude, le démon pas"p13. Première page du roman, Bernard découvre que son père n'est pas son vrai père. Si j'ai choisis cette phrase en particulier c'est parce qu'elle contient le mot " démon" ; tout le roman contient des confrontations ange et démon et je trouvais ça intéressant de souligner que cela commence dès la première page.

"Les faux monnayeurs, dis bernard"p188. Il s'agit du titre, provisoire, du roman sur lequel Edouard travaille. C'est la première fois que j'ai commencé à comprendre le rapport entre le titre de l'oeuvre et l'histoire même si bien après j'ai vu des rappels du titre un peu partout, notamment avec Georges, qui fait un trafic de fausses monnaies. Mais cela prouve une réelle mise en abyme de la part d'André Gide: l'un des personnages principaux de son romain "les faux-monnayeurs" écrit lui même un roman se nommant " les faux-monnayeurs" et s'inspirant des personnages qu'à crée Gide.

" ... si c'est être malade que de vous aimer, je préfère ne pas guérir."p194. Bernard déclare son amour à Laura bien que de loin son aînée et attendant un enfant. Le caractère fleure bleue de cette phrase m'a obligé à la retenir.

" Près de toi, je suis trop heureux pour dormir." p310. Olivier s'adresse à Edouard, son oncle, après sa tentative de suicide. Le fait qu'il soit à ses coté lui redonne le gouts de vivre et cette phrase démontre clairement de l'amour interdit qu'éprouve Olivier pour son oncle .

"Boris n'apprit la mort de Bronja que par une visite..." p363. Annonce brusque de la mort de Bronja, seule amie de Boris. Il est encore plus perdu désormais dans cette pension. Je trouve cette mort cruelle, sachant que Boris est un personnage pure et ne faisant de mal à personne; il ne méritait pas ça.

" Le coup partit. Boris ne s'affaissa pas aussitôt."p374. Pour s'intégrer Boris devait passer un teste, crée par la confrérie des hommes forts. Mais parmi les jeunes garçons on retrouve Ghéridanisol, un garçon visiblement dérangé, qui a fait croire à tout le monde que le pistolet n'était pas chargé. Pour moi c'est un meurtre, pas un suicide. Boris est une victime.

"La cruauté, voilà le premier des attributs de Dieu"p378. La Pérouse, l'homme qui vient de perdre son petit fils, exprime sa colère; si il n'avait pas chargé ce pistolet, Boris serait en vie. Comme Dieu à sacrifier son propre fils pour sauver les hommes, il aurait tué le petit afin que La Pérouse n'entende plus de bruits, qu'il n'ai plus le courage de se suicider. Étrange manière de sauver un homme, en lui enlevant tout ce qui le gardait en vie.


Citations " Journal des faux-monnayeurs " d'André Gide:

" je crois qu'il y a matière à deux livres." Au tout début du Journal, André Gide, nous explique qu'il a tellement d'idées que cela devrait former deux romans; je trouve cela intéressant vu le résultat final qui regorge d'intrigues. Il aura finalement choisis de ne faire qu'un roman.

" il s'agit de rattacher cela à l'affaire des faux-monnayeurs anarchistes [...] et à la sinistre histoire des suicides d'écoliers[...] fondre cela dans une seule et même intrigue". Ici Gide nous parle de son idée principale, la source de son travail. Il s'inspire de deux affaires qui vont être le fil conducteur du roman.

" le traité de la non-existence du diable " . Tout au long du roman on observe une confrontation ange et démon, athée et croyant. C'est une thèse qui intéresse particulièrement Gide.

" il me faut, pour écrire bien ce livre, me persuader que c'est le seul roman et dernier livre que j'écrirai ". Gide à écrit auparavant mais " les faux-monnayeurs" et l'apogée de sa carrière d'écrivain.

"L'anecdote [...] serait beaucoup plus intéressante racontée par l'enfant lui-même [...]". J'ai trouvé intéressant de garder cette citation, en effet cette anecdote, où il voit un enfant voler un livre, il l'a retranscrit dans son livre mais finalement sous le regard d'Edouard qui est aussi le regard d'André Gide. J'ai l'impression qu'elles sont la même personne

"Par instants, je me persuade que l'idée même de ce livre est absurde" J'aime bien cette situation, Gide se présente souvent comme un génie et se permet de juger tout et n'importe quoi; le fait qu'il se remette aussi en question me rassure et le ramène à son humanité

" c'est à l'envers que se développe, assez bizarrement, mon roman" . J'ai trouvé cette information intéressante puisque le roman étant construit chronologiquement dans l'ensemble, je trouve ça brillant qu'il commence par là fin

" De même que le royaume de Dieu, l'Enfer est au-dedans de nous " . André Gide, revient sur la thèse du bien et du mal, à la fin de son journal... il pense que le bien et le mal sont en nous et dans ses personnages... finalement le seul personnage remplis uniquement de bien serait il Boris ? Et André Gide créant une vie à ses personnages ne se prendrait il pas pour Dieu ?

Emma Castex


samedi 4 mars 2017

Les Faux monnayeurs en images et son - Synthèse des thèmes abordés par le biais de portraits chinois

Bravo à tous pour ces beaux portraits chinois !

Voici quelques éléments de synthèse concernant les thèmes qui se dégagent selon les écrits des uns et des autres:
- le thème du mensonge et de l'hypocrisie, du "bal masqué" (voire les écrits de Magali, de Mayalen, de Lauren, de Ruddy)
- la mise en abyme (les écrits de Réhana, de Nolwenn, de Diélia, d'Annie, de Coumba, de Maëlys)
- le personnage masculin (l'écrit d'Emma)
- le thème de l'amitié (l'écrit d'Ornella)
- la complexité de l'intrigue (les écrits de Nova, de Layal, de Chloé, de Fatou, de Léa,
- les thèmes de l'amour, de la passion, du désir (l'écrit de Marthe)

Bonne lecture !

Carnet de citations de Ruddy

1 « Je n’écris que pour être relu. » - Le journal des Faux-monnayeurs
Cette citation d’André Gide dans son journal nous permet de décrypter la lecture des Faux-monnayeurs et par la même occasion de s’interroger sur son processus d’écriture et de création du roman. Ce qui fait l’importance du journal des Faux-monnayeurs c’est cette habilité que nous lecteurs avons à pénétrer l’entre d’André Gide dans lequel il a fait la mise au point et l’élaboration de son projet romanesque. À la fois carnet de travail et laboratoire de création, le Journal des Faux-monnayeurs est le témoin du dialogue constant de l’écrivain avec lui-même, dont l’œuvre est le produit. A travers cette citation, André Gide montre bien son intérêt particulier pour la position du lecteur. Ainsi de par les différents points de vue de son récit, il questionne d’emblée le genre romanesque dans son ensemble.

2 « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir. » - Le journal des Faux-monnayeurs
C’est une des citations qui me parlent le plus car elle permet de rendre compte de la particularité sans précédent du travail d’André Gide mais aussi du renouveau romanesque dans lequel il s’inscrit. Ici, Gide met en lumière la genèse de son roman et permet d’aborder la crise du roman au XXe siècle. Car on le sait, le XXe siècle est celui où le roman connait son apogée et il en devient le genre littéraire le plus populaire. Trois grands mouvements se succèdent alors : le Romantisme, le Réalisme et le Naturalisme. Alors si notre écrivain nous dit que : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler » c’est parce-que en tant que bon auteur du XXe siècle, Gide et ses comparses  rejettent les esthétiques qui ont constitué ces trois grands mouvements et à l’inverse ils recherchent de la liberté à travers leurs œuvres et veulent innover. Cela passe nécessairement par le rejet de conventions narratives comme par exemple la place du personnage principal (qui bien-sur n’en est qu’une parmi tant d’autres) avec le fait de :
•    Donner des informations sur son physique
•    Définir son statut social
•    Livrer ses motivations
•    Raconter son passé
Se détachant ainsi complètement de ce que pourrait être l’œuvre de Madame Bovary même si Flaubert lui ne se revendique pas pour autant du réalisme.

3 « Plenty and peace breeds cowards; hardness ever of hardiness is mother.” Shakespeare - Les Faux-monnayeurs, III page: 33
On remarque que dans le roman de Gide, il y a à chaque en-tête de chapitre une citation. Celle-ci est annonciateur des évènements à venir ou tout simplement une indexation thématique en tête de chapitre. Cette phrase de Shakespeare évoque ici un lien à la famille, au courage, à la lâcheté et un lien à la mère. De ce fait, cette citation condense l’état de Bernard Profitendieu après sa rupture familiale (thématique récurrente et très importante dans ce roman). Événement qui permet ainsi un premier élément de boucle créé par ce livre. Ces citations permettent ainsi de jouer un rôle de fil conducteur entre les chapitres, traduisant ainsi une dimension littéraire très forte dans ce roman.

4 « Rien n’est simple, de ce qui s’offre à l’âme ; et l’âme ne s’offre jamais simple à aucun sujet. » Pascal - Les Faux-monnayeurs, X page : 301
En plus d’une véritable portée philosophique, cette citation porte une réflexion sur les mystères de l’existence et sa complexité.

5 « - […] Mais maintenant, à votre tour, dites-nous : ces faux-monnayeurs… qui sont-ils ? - Eh bien ! Je n’en sais rien, dit Édouard. […] À vrai dire, c’est à certains de ses confrères qu’Édouard pensait d’abord, en pensant aux faux-monnayeurs ; et singulièrement au vicomte de Passavant. » - Les Faux-monnayeurs, III page : 188
C’est dans ce chapitre que la question du titre, dans toute son ambivalence, est explicitement évoquée. Comme dans toute œuvre, le titre nous prépare à ce qui va s’en suivre et il est souvent révélateur de la suite des événements. Sauf que dans cette œuvre, le titre n’a rien à voir avec le livre. On ne nous raconte pas une histoire de trafic d’argent, ou d’escroquerie comme pourrait laisser présager le titre, mais bien au contraire Gide a choisi ce titre intentionnellement afin de « brouiller les pistes ». Dans les Faux-monnayeurs, l’argent est omniprésent mais on comprend vite qu’il n’est qu’un des éléments réel et symbolique des échanges qui se produisent dans le roman. La construction de ce roman est très complexe avec des genres narratifs multiples. On est donc bien loin de la narration linéaire classique à laquelle se rattache les règles romanesque de l’époque. Mais cela n’est pas sans rappeler le génie d’André Gide qui est d’user de ces manœuvres afin de montrer les limites du roman traditionnel.

6 « Je me suis bien gardé de laisser paraître les raisons que j'avais de m'intéresser à lui » - Les Faux-monnayeurs
Cette phrase est la déclaration faite par Sophroniska à propos de Boris. On peut en déduire que l’intérêt qu’elle porte à l’enfant est donc une "fausse-monnaie". Ceci dit, on pourrait aussi penser de même pour Edouard  et les fausses raisons qui lui font placer Boris près de La Pérouse. Il y a alors une véritable ambigüité concernant les symbolismes de la fausse monnaie, avec une troisième partie centrée sur les "monnaies d’échange".

7 «L’égoïsme familial… à peine un peu moins hideux que l’égoïsme individuel. » - Les Faux-monnayeurs, XII Journal d’Edouard (suite) page : 116

8 «L’avenir appartient aux bâtards. – Quelle signification dans ce mot : "un enfant naturel !" Seul le bâtard a droit au naturel. » - Les Faux-monnayeurs, XII Journal d’Edouard (suite) page : 116

9 «La famille…, cette cellule sociale. » Paul Bourget (passim) – Les Faux-monnayeurs, XII Journal d’Edouard (suite) page : 115

10 «Et au-dessous de la signature des trois Hommes forts, sur la feuille maudite, il inscrivit son nom, d’une grande écriture appliquée.» - Les Faux-monnayeurs, XVII page : 366

11 « Le traité de la non-existence du diable. Plus on le nie, plus on lui donne de réalité. Le diable s'affirme dans notre négation. » - Les Faux-monnayeurs, III page : 34
12 « Le véritable hypocrite est celui qui ne s’aperçoit plus du mensonge celui qui ment avec sincérité. » - Le journal des Faux-monnayeurs, page : 48

13 « Ce qu´il y avait de beau dans notre amitié, c’est que, jusqu’à présent, nous ne nous étions jamais servis l’un de l’autre. » - Les Faux-monnayeurs, I page : 14

14  « Je ne me sens plus le même qu’avant de l’avoir connue et il y a des pensées que je n’ose plus formuler, des mouvements de mon cœur que je refrène. » - Les Faux-monnayeurs, I page : 169
Pour Bernard, la quête de soi s´approfondit dans cette deuxième partie. Il reconnaît être en pleine maturation. Ses sentiments envers Laura le transforment et font de lui un homme. Quand celle-ci se confie à lui, il comprend la profondeur de la vie et commence à se défaire de sa tendance à jouer des personnages.



Portrait chinois de Ruddy



Les Tricheurs de Caravage est une huile sur toile de 94 x 131 cm qui est à ce jour exposé au musée d’art Kimbell à Forth Worth aux Etats-Unis. Pour la petite histoire, Michelangelo Merisi da Carvaggio dit en français Le Caravage, est l’un des maitres incontestable du baroque italien. Pénétré de foi chrétienne, cet artiste est connu et apprécié de ses scènes religieuses et historiques traditionnelles. Mais si il plait dans la bonne société de son époque c’est parce-que en dehors de ses tableaux religieux et profanes, il s’adonne à des scènes d’un nouveau type : les scènes de genre qui sont des touchantes représentations de la vie sociale de son temps dont Les Tricheurs sont le parfait exemple.
Si on se concentre un peu mieux sur le tableau, il s’agit d’une scène relativement banale montrant un groupe de trois hommes qui jouent aux cartes. Mais cette vision du quotidien est plus profonde et ambigüe si on prend la peine de l’observer attentivement. Il est facile de voir que ce groupe se divise en deux : le jeune homme et les deux complices. Cette division s’opère dans les détails et les attitudes. Le jeune noble à la posture mesuré s’oppose aux deux tricheurs qui mènent une vie de misère comme le laisse suggérer le gant troué du plus vieux, dangereuse comme le montre la dague du plus jeune. Les deux complices tentent de soutirer de l’argent au jeune noble comme le montre la coupelle vide sur la table. De plus le plus jeune compère cache dans son dos la carte avec le chiffre du diable : le numéro 6. Derrière tout ça se cache un message de moral puisque pour peindre des scènes du quotidien il fallait qu’elle donne une leçon hautement louable.

Tant d’éléments ci-présents dans ce tableau qui rejoignent certaines thématiques des Faux-monnayeurs, comme l’argent, le diable, les fausses valeurs, le mensonge ou encore les faux semblants. Tant de vices et de symboliques qui se côtoient dans le monde des faux-monnayeurs, ce qui en fait un portrait chinois idéal. L’argent a tendance à être bien souvent représenté comme le symbole de nos relations sociales et n’est-ce pas le cas ? Dans son roman, André Gide se sert du concept de «l’argent » pour en expliquer toute l’étymologie. Pour ne pas dire le nerf de la guerre, l’argent est un nerf de la société et il peut se présenter sous différentes formes. La fausse monnaie est un moyen de désigner l’hypocrisie d’une société qui repose sur une fraude morale, sentimentale, psychologique. Chacun en cherchant à paraître ce qu’il n’est pas, veut donner le change à autrui. Tout, autour des personnages, devient relatif : c’est la dévalorisation, l’inflation, les idées de change, bref c’est la société ! Une société qui bizarrement ressemble beaucoup à la notre. Peut-on alors parler d’une œuvre visionnaire toujours d’actualité ? A mon sens bien évidemment que oui.

Mais cela est sans compter les fausses valeurs  qui sont elles aussi présentes chez les faux-monnayeurs. Que peut-on faire dans un monde où les valeurs traditionnelles sont niées, où l’on ne peut différencier le vrai du faux ? La référence obsédante à l’argent qui se traduit dans le roman par la circulation des fausses pièces d’or renvoie symboliquement à la crise des valeurs philosophiques, éthiques et esthétiques. La révolte contre la famille en montrant le mensonge, l’adultère, la morale religieuse avec les Vedel qui finalement entraîne la démythification des sentiments. Quant à la quête de l’amitié, elle anime les personnages des Faux-monnayeurs afin de se libérer des liens du sang et de contester l’ordre naturel et social, c’est l’éthique de l’amitié face aux valeurs. La justice est partiale, la famille et le mariage ne sont que tromperie et mensonge, l’éducation ressemble aux murs de l’institut (défraîchis), la religion se réduit à des pratiques dépourvues de sens et les gens passent le plus de temps à se mentir et à mentir aux autres.

Tel est le monde des Faux-monnayeurs, un monde où il est courant d’écouter aux portes et de rapporter ensuite ce qu’on a surpris. Un monde où l’abondance du mensonge et des faux semblants semble les seules valeurs valables, un monde où l’on ne serait capable de différencier l’authentique du falsifié. A l’instar de Da Carvaggio, André Gide nous plonge dans un univers de tricheurs qui ne se contente pas seulement de tricher dans le jeu mais de tricher avec les sentiments, avec l’argent, avec la famille, avec les amis, avec eux-mêmes. Et si alors aux premiers abords le titre parait trompeur et même n’avoir aucun lien avec le livre, les faux-monnayeurs, loin d’être absent du roman sont partout présents…


jeudi 2 mars 2017

Citation

Dans l’œuvre des Faux monnayeurs j'ai choisit quelques citations, qui me semble pertinentes et
que j'ai apprécié en fonction de chaque thème que l'on retrouve dans le livre.

Dans le thème de l'amour
c'est une citation que l'on retrouve au début du chapitre 8 : « Il faut choisir d'aimer les femmes ou de les connaître ; il n'y a pas de milieu » Chamfort

J'aime beaucoup cette citation qu'on range dans le thème de l'amour,c'est un des thèmes principaux du livre que se soit l'amour de Laura envers Édouard ou bien Lilian et Vincent.Cette citation est intéressante car selon l'auteur on ne peut connaître et aimer une femme en même temps on doit faire un choix, dès lors comment aimer une femme sans la connaître ? Ou si on aime une femme est ce que on l'a connaît vraiment ?

Une citation d'un personnage secondaire mais important Lilian, sur le thème de la fausse monnaie morale elle s'adresse ainsi à Vincent « Et puis, tu sais:je n'aime pas les tricheurs.Quand tu cherches à faire monter dans ta barque,sournoisement, ce qui n'a qu'y faire d'y monter, tu triches.Je veux bien jouer avec toi ; mais franc jeu.... (p.145)
dans cette citation Lilian dénonce la tricherie, elle dénonce l’hypocrisie des personnages tout le monde triche y compris Bernard.Ainsi dépeint par Laura « Il n'est jamais longtemps le même.Il ne s'attache jamais à rien;mais rien n'est plus attachant que sa fuite.... » (P.198)

Une citation sur un autre personnage vraiment principal du roman Le Diable.
Il apparaît dès le 1 paragraphe du roman, à propos de Bernard : « Sa famille respectait sa solitude ;le démon pas » (P.13) et il clôture presque le roman sous la forme incroyable d'une assimilation entre le Diable et Dieu fait par La Pérouse, impuissant à empêcher le suicide de son petit-fils après son propre échec. « Non ! Non ! S' écriait-il confusément ; le diable et le Bon Dieu ne font qu'un Ils s'entendent.... »




Jeanne Lamoulie Tl