vendredi 2 décembre 2016

Le choeur

Le choeur (du grec "choros" qui signifie "danse")  était chargé, dans le théâtre antique, de présenter le contexte d'une pièce et résumer les situations pour aider le public à mieux comprendre les évènements. Il représente souvent la population ou l'auteur dans la pièce. Chez Sophocle et Pasolini, nous le retrouvons représenté de différentes manières. Sophocle utilise la stichomythie, qui permet des échanges plus direct et plus vif entre les personnages et le chœur, et Pasolini, lui, redonne un sens au mythe avec ses clins d’œil à différentes cultures et pratique artistiques, rendant alors le mythe universel. Nous pouvons alors nous poser les questions suivante : Quel rôle joue le chœur dans la pièce Oedipe Roi de Sophocle et comment Pasolini transpose-t-il la présence de ce chœur théâtrale dans son film ?

Premièrement chez Sophocle, le chœur est composé de 15 choreutes, dirigées par le coryphée. Celui-ci (le coryphée), se retrouve comme un personnage à part entière : il échange avec les autres personnages au nom du chœur et de ce fait, donne son avis sur les situations et porte conseil aux autres personnages. Oedipe, dans le premier épisode, s'adresse au chœur comme s'il s'adressait à une seule personne, en utilisant la deuxième personne du singulier : "J'entend tes prières, et à ces prières c'est moi qui réponds." Mais il s'adresse également au celui-ci comme s'il s'adressait au peuple tout entier, puisqu'il passe ensuite à la deuxième personne du pluriel : "c'est à vous, c'est à tous les Cadméens, que j'adresse solennellement cet appel".
Ce chœur est bien sur représenté différemment chez Pasolini, puisqu'il n'appartient pas à la tradition cinématographique. Nous le retrouvons cependant presque partout dans l'adaptation filmique : présence de foules et de groupes humain qui peuvent nous rappeler la présence soutenue du chœur chez Sophocle, qui se trouve sur la scène tout au long de la pièce, observant tous faits et gestes des acteurs. Les costumes également, parfois uniformes, chez Pasolini, pourraient nous rappeler la présence de ce chœur. Biens que ces personnages ne prennent généralement pas la parole, leur chants et danse, et leur présence accompagnée de musique pourraient également être un clin d’œil au chœur, rappelant les danses du théâtre antique. 

La présence du chœur possède également un grand aspect religieux ou même politique. De nombreuses invocations et références aux dieux, déjà dans le parados : "Ô douce parole de Zeus", "Dieu qu'on invoque avec des cris aigus, dieu de Délos, dieu guérisseur", "c'est toi que j'invoque d'abord, toi, la fille de Zeus, immortelle Athéna ; et ta soeur (...) Artémis". Nous venons à peine de démarrer la pièce que déjà toutes ces divinités sont évoquées. Cependant, Pasolini lui ne se place pas dans cette perspective religieuse : tous les éléments ayant un rapport avec ces divinités ne sont juste là que pour donner une certaine esthétique au film. 
Chez Sophocle, le chœur cherche à résoudre les problèmes du roi, il le conseil, le soutien et l'accompagne tout au long de la pièce, ce qui insiste justement sur son importance dans la tragédie. C'est même le coryphée qui possède le dernier mot, s'adressant aux habitants de Thèbes : "Regardez, habitant de Thèbes". Chez Pasolini également, nous retrouvons un groupes de personnes représentant le chœur qui serait alors les servantes, et être soumis, qui assistent à la chute d'Oedipe et se transforme, au retour à l'Italie moderne, en ouvriers italiens. Ce serait ici un point de vue également politique : les ouvriers, appartenant à une classe moyenne, voire basse, subissent la déchéance des personnalités politiques, rappelant ainsi le marxisme, avec cette lutte des classes.

Pour conclure, le chœur chez Sophocle joue un rôle de conseiller, étant présent tout au long de la pièce et observant toutes actions, mais également possède des fonctions religieuses, tandis que Pasolini transpose sa présence avec les foules et groupes de personnes, accompagnés de chants, danses et musique, qui font un clin d’œil, dans l’épilogue, avec les différentes classes sociales, au marxisme.

Le chœur a toujours joué un rôle essentiel au sein du théâtre de la Grèce Antique. En effet il permet de faire vivre l’intrigue, mais aussi, de structurer la pièce. Il est composé d’hommes, de citoyens, costumé et masqué comme lors des rituels dionysiaques. Dans Œdipe Roi de Sophocle, il a une place extrêmement importante étant donné le contexte de la pièce, et sa dimension politique. Dans la réadaptation filmique de Pasolini, le chœur est présent sur une toute nouvelle forme de par le cinéma de poesie, on est donc dans un autre contexte de vie que celui de Sophocle, beaucoup plus moderne. Chacun va donc présenter à sa manière le chœur et lui donner l’importance nécessaire. On va donc se demander : Comment le Chœur est-il présent au sein de ses deux pièces ? Dans un premier temps nous verrons que Sophocle et Pasolini donne au chœur un rôle poétique,  enfin dans un second temps nous verrons que le chœur est une sorte de voix tout puissante qui apporte vérité mais aussi qui en dit long sur la dimension politique du Ve siècle.  

Dans un premier temps, Sophocle et Pasolini ont tous deux souhaité garder cet aspect poétique et musical que le chœur offre. En effet chez Sophocle on a une belle présence du chœur, tout d’abord dans le prologue lorsqu’il s’exprime on appelle cela le Parados (le chœur fait son entrée), et tout au long de la pièce entre chaque fin d’épisode, des stasimons. On y retrouve une interruption musical accompagnée d’une intervention de celui-ci, il résume ce qui s’est produit dans l’épisode précèdent, et va aussi apporter son avis sur les événements. Ceci permet de donner un aspect tragique à la pièce, et, en parallèle de retrouver l’une des fonctions du chœur qui est : l’avis du peuple. Par exemple dans le premier stasimon « Solitaire et misérable dans sa fuite, il tâche d’échapper aux oracles sortis du centre de la terre. Mais eux sont toujours là volant autour de lui ! » Il rappelle le destin d’Œdipe donnant un aspect tragique à la pièce. Pasolini lui ne fait pas apparaitre le chœur dans le film mais le transpose sous une nouvelle forme. En effet par le cinéma de poésie, Pasolini va utiliser la musique afin de remplacer le chœur. Non pas des paroles prononcer ou chanté mais juste des mélodies qui permettent de propager des émotions. Par exemple la flûte lorsqu’Œdipe après avoir reçu les prédictions de l’oracle décide de quitter Corinthe définitivement. Cette flûte et brutale et insupportable à l’oreille du spectateur, elle est tout simplement à l’image du destin d’Œdipe. De plus la particularité que l’on retrouve au sein de l’œuvre de Pasolini, c’est la diversité de culture exposé. On retrouve des chants de folklore africain, roumains, ceci peut faire penser que Pasolini souhaitait faire un clin d’œil à la tragédie grecque dans le sens-là ou il ne met pas le chœur, mais le matérialise et montre le caractère atemporel du mythe à travers cette mixité. 
Ensuite on retrouve aussi cet aspect poétique à travers le chœur dans son rôle dramatique. En effet lors des pièces de théâtre de l’époque, il y avait un but bien précis. Les actions des personnages et leurs issues souvent funestes, dans la tragédie, suscitaient la crainte et la pitié. Le spectateur se voyait alors purgé, des passions dont il venait de voir la représentation scénique. C’est là qu’entre en jeu le chœur porteur de morale. Chez Sophocle en effet on constate que tout au long de la pièce de par la constante intervention du Chœur il y a une sorte de moralité, il essaye de mettre Œdipe sur le droit chemin et de le raisonner. Cependant la moral de toute la pièce se trouve à la fin et s’adresse à tous. Elle est représentative de la tragédie d’Œdipe et à ce côté lyrique et dramatique qui touche le spectateur. Chez Pasolini il n’y a pas vraiment de moral final étant donné que le chœur n’est pas présent. Cependant il fait apparaitre des éléments ou des personnages qui sont à l’image du chœur, et donne une touche dramatique au film. La Sphinge, il n’y a plus d’énigme comme dans le mythe originel, «  Il y a une énigme dans ta vie », l’énigme n’est plus une simple question mais Œdipe lui-même. La Sphinge le pousse à chercher au plus profond de lui ce qui ne va pas, à se remettre en question, à l’image du chœur.

Dans un second temps, le chœur apparait comme une voix toute puissante. Chez Sophocle, le théâtre s'installe comme un geste religieux et politique à la fois. En effet, la parole de Sophocle est une parole citoyenne. Le parcour du héro individuelle est accompagnée par celui de la communauté: le choeur. Certe le choeur intervient lors du parados et des stasimons, cependant il est aussi présent au sein de la pièce elle même et des débats entre les personnages. Il faut aussi noté que le choeur et représenter par le coryphée qui en est le chef. Celui ci détient une place importante dans la pièce, il est comme conseiller d'Oedipe. Il apporte la raison au personnage et le guide "Tout cela, je l'avoue, m'inquiéte, seigneur. Mais tant que tu n'as pas entendu le témoin, conserve bon éspoir." De plus le choeur va aussi être celui qui est témoins privilégié du héro. Il dit ce que l'on ne peut pas voir ou savoir. Chez Pasolini le choeur n'est pas présent mais de par le cinéma de poésie il parvient à le faire revivre. En effet dans sont film il choisi de mettre des effets de postsynchronisation afin de crée un décalage entre la parole des personnages et leur gestuelle. On le voit par exemple avec la scène d'agôn entre Oedipe et Tiresias. Tiresias ne semble pas réelement parler mais juste recracher des paroles toute puissante des dieux. Le choeur qui à aussi son rôle dramatique comme il a été dit précédement, la parole de Tiresias apparaît d'abord comme parole des dieux, mais peut aussi être perçu comme parole du choeur. 
Pour en revenir à la moral, il a été dit précédement que cette moral s'adressait à tous, en effet à l'image d'une parole véridique pour tous prononcer par le choeur, elle sert de leçon de vie: "Gardons nous d'appeler jamais un homme heureux, avant qu'il ait franchi le terme de sa vie sans avoir subi un chagrin." Chez Pasolini on ne retrouve pas cette parole finale de la même façon. Oedipe de retour dans le champ de son enfance ferme les yeux, un intertitre et présenter comme une sorte de parole du choeur mélanger à la pensée d'Oedipe "La vie fini ou elle commence". 

Pour conclure on peut dire que le choeur à des rôles divers mais tous important. Chez Sophocle il est mis en évidence de par l'époque de la pièce, dans la Grèce antique. Chez Pasolini le Choeur subtilement présent sous la forme de musique et d'èlement ou personnage. En tout les cas le choeur apporte un aspect musical et poetique à la pièce ce qui permet la diffusion d'émotions chez le spectateur, de plus il est porteur d'une moral, et est témoins des actions du personnage principal. 

CHUPIN Maëlys   

Le chœur chez Sophocle et Pasolini


Les dithyrambes chantés en l'honneur de Dionysos dans les Dionysiaques furent mêlés, vers le VIe siècle av. J.-C., d'intermèdes épiques, puis de dialogues improvisés qu'on appelait épisodes, et qui donnèrent peu à peu naissance à la poésie dramatique. Le dialogue ne tarda pas à devenir la partie la plus importante, et les chœurs finirent par n'être plus qu'une sorte d'intermèdes entre les différentes scènes dialoguées.

Le chœur est composé d'hommes ou de femmes, de vieillards ou de jeunes gens, de citoyens ou d'esclaves, de prêtres, de soldats, de divinités ou d'êtres fantastiques.

Le moment où le chœur est introduit sur la scène, et le nombre de fois qu'il se fait entendre, étaient laissés à la disposition du poète : il se présente quelquefois dès la première scène; quand il vient plus tard, il doit être naturellement amené; et une fois qu'il apparaît, il ne sort plus de scène, si ce n'est pour des motifs graves et seulement pour quelques instants. Le chœur va donc assister donc à tout le développement de l'action, et quelquefois il se mêle au dialogue par l'intermédiaire du coryphée.

Dans la tragédie de Sophocle, le chœur est constitué de 15 choreutes placé sous la direction du coryphée. Créon le désigne comme une « assemblée »  L 84 et Œdipe s’adresse à lui comme à son peuple. Chez Sophocle, les choreutes sont des Thébains principalement très touchés par la peste, puis par le destin d’Œdipe et de ses conséquences sur le peuple et la cité entière. Il est composé de vieillards nourrissant un fort attachement à Œdipe.

Dans la tradition dramatique grecque, le chœur était l’élément le plus important de la tragédie, même si sa participation à l’action n’était pas directe. Eux, les choreutes et le coryphée,  conservaient un lien étroit avec l’intrigue. Or, chez Sophocle, le chœur, composé de vieillards, de femme et d’enfant montre une impuissance et de plus ces interventions peuvent le qualifier « d’observateur » or, il ne faut pas rejeter le faite que sa présence est importante et primordiale.

Chez Pasolini, on peut constater la présence de foules ou de groupes humains que l’on peut rapprocher d’un chœur. On peut aussi repérer des costumes parfois uniformes qui les regroupent en une entité collective. On peut penser aux malheureux qui défilent en haillons aux abords de Thèbes lorsqu’Œdipe s’approche du palais, ou encore les femmes vêtues de noir sur un fond de lamentations. Leurs apparitions qui ne sont toutefois pas codifiées sont toutefois bien remarquées lorsqu’un groupe de personne s’exprime. On peut aussi mentionner le groupe de femmes à Corinthe qui opère comme un chœur : leur chant prévient Mérope du retour du roi Polybe.

Ce qui amène un rôle particulier au chœur chez Sophocle c’est la dimension tragique. Car il ignore la part de vérité de la situation, ainsi que les personnages principaux qui vont venir en aide à Œdipe, sans prévoir que ça allais le pousser à sa perte. Il est aussi la victime de la tragédie et il connaît un revirement de situation lorsqu’il comprend qu’il s’est dévoué pour sauver un criminel, l’ultime souillure de la cité. Il réalise un chant joyeux après le départ de Jocaste et imagine une origine divine à Œdipe. On retrouve cet aspect chez Pasolini, notamment par l’intermédiaire de la musique, mais aussi à travers le personnage d’Angelo, le messager joueur de flûte qui va accompagner Œdipe dans son errance et va guider ses pas en tant qu’aveugle.

SAMB Nova
Le chœur, personnage collectif élémentaire à la tragédie, apparaît différemment dans la pièce de Sophocle et dans le film de Pasolini Edipo Re. Si le chœur est clairement présent dans l'œuvre de Sophocle, sa présence dans le film italien est plus subtile. Nous nous demanderons quel rôle joue le chœur dans la pièce Oedipe roi de Sophocle et comment Pasolini transpose la présence de ce chœur théâtral dans son film. En clair, nous comparerons le traitement du chœur dans le deux œuvres.


Afin de reconnaître le chœur dans le deux œuvres, il faut tout d'abord prendre le soin de comprendre ce statut pour reconnaître les caractéristiques partagées du chœur dans ces deux œuvres. Le chœur est un groupement de personnages, 15 choreutes dans les tragédies grecques, qui sont à la fois externes et internes au spectacle. Nous pouvons dire que le chœur est externe dans la mesure où il se situe comme le spectateur en tant qu'observateur de l'action. Néanmoins, le chœur prend part dans l'action, influence le spectacle qu'il interroge et c'est pour cela qu'on peut le considérer comme interne. Face à la démesure qui est jouée, le chœur incarne la mesure, il est l'œil de l'action jouée, apparaît comme une conscience régulatrice, une présence morale. Il exprime les interrogations que le spectateur a ou devrait avoir. Cependant, il n'est pas à confondre avec le spectateur. On peut en revanche attribuer au chœur une fonction de délégué du spectateur. En effet, le chœur peut prendre part à l'histoire mais surtout intervenir grâce au choryphée comme dans la pièce de Sophocle lors du conflit entre Créon et Oedipe: (p33,  deuxième épisode) "Ô princes, arrêtez!". Grâce à l'aide de Jocaste, le chœur dans la pièce de Sophocle, réussit à mettre un terme à l'altercation entre Le roi et son beau-frère. Le chœur contrairement au spectateur a donc le pouvoir d'agir sur le monde dont il fait partie. De la même façon, comme nous le verrons plus tard, le chœur de Pasolini  s'adresse à Oedipe.  Le choeur incarne donc l'opinion publique, en d'autres termes, le peuple. 

Or, le peuple est essentiel à la politique au Vème siècle avant J.-C. A l'origine, le choeur est constitué de l'élite masculine de la Cité et représente souvent des assemblées de vieillards ou de jeunes filles. Athènes est le berceau de la démocratie primitive créé par le peuple et pour le peuple qui se révoltait contre les familles nobles qui détenaient le pouvoir. Une démocratie directe, sans représentants, se met en place. Le peuple est souverain et applique son pouvoir législatif par une assemblée du peuple, l'Ecclésia. Étymologiquement, la démocratie signifie que le peuple (demos) a le pouvoir (kratos). L'idée vient d'utiliser la tragoedia pour communiquer avec le peuple grâce à un concours d'auteurs (les grandes Dyonisies et les Lénéennes). La tragédie de Sophocle reprend ce schéma démocratique. Oedipe est le tyrannos, un animateur placé à la tête de l'Etat, le choeur est comme dans le film de Pasolini interprété par un conseil de magistrats qui peut être assimilé à la Boulè elle-même composée de vieux sages de la cité. Le pouvoir d'Oedipe n'est donc pas suprême mais il agit en faveur du peuple qui lui cède sa confiance. Le tyrannos est élu par acclamations, d'emblée nous pouvons nous rapporter à "l'élection" d'Oedipe dans les deux oeuvres. Dans le film de Pasolini, dès qu'Oedipe tue la Pythie, la foule l'acclame, des chants se font entendre. "L'élection" d'Oedipe dans l'oeuvre de Sophocle se présente selon son sens premier d'élection, comme un choix, un choix divin. Dans le premier stasimon (p29), le choeur s'exprime ainsi: "la Vierge ailée un jour s'en prit à lui, (...) il prouva alors et sa sagesse et son amour pour Thèbes. Et c'est pourquoi jamais mon coeur lui imputera un crime". L'opinion publique, du choeur, est donc importante. C'est pour cela qu'Oedipe agit en fonction de celui-ci dans les deux oeuvres, en exprimant ses mesures contre la peste publiquement dans la pièce de Sophocle (1er épisode) et recueillant la demande du conseil de magistrats au seuil de son palais, dans le film italien. Il y a donc un jeu entre le monde extérieur, le monde publique et l'intime, l'intérieur du palais, qui se met en oeuvre permettant l'ignorance du choeur qui suit le déroulement de l'enquête pas à pas. 

Dans la pièce de Sophocle, le choeur est indiqué clairement dans les intermèdes chorales et intervient par le coryphée dans les épisodes créant ainsi un dialogue entre les sujets de l'action et le peuple. Ainsi, on voit le choryphée et le chœur répondre à Oedipe au sujet de Créon dans le premier épisode de la pièce de Sophocle : (p34) "OEDIPE: Alors que dois-je t'accorder? LE CHŒUR: Respecte ici un homme qui jamais ne fut fou, et qu'aujourd'hui son serment rend sacré. OEDIPE: Mais sais-tu bien ce que tu souhaites? LE CORYPHEE: Je le sais.". Dans le film de Pasolini cette scène est très fidèle à la pièce de Sophocle. Le cortège de notables  accompagne Créon mais, contrairement à la pièce de théâtre, n'intervient pas. Cela ne veut pas dire que
 le chœur est muet chez Pasolini. Au contraire, il s'exprime en groupe par des chants ou à travers un sorte de rapporteur, de copryphée, qui se détache du groupe comme le grand prêtre interprété par Pasolini lui-même. Le choeur joue à la fois un rôle dramatique et s'inscrit dans une perspective artistique par la musique et les chants qu'il apporte à la pièce. Dans le film de Pasolini, on peut identifier le choeur dans les attroupements de personnages, dans la foule. Lorsque Le fils de la fortune est apporté par le berger aux rois de Corinthe, la foule l'acclame, chante et des sons de trompes remplissent l'atmosphère. Ce choeur étranger à Thèbes, exprime son approbation, sa joie, se réjouit de cette nouvelle venue. De même, lorsqu'Oedipe assiste à un mariage lors de sa longue errance, une musique populaire et des chants roumains jaillissent. Le choeur s'exprime par la musique qui rassemble et interprète des chants de plaintes (pleurs de bébé et chants exprimant la souffrance du peuple, 53:11) et dans la pièce de Sophocle, des louanges aux dieux. A Delphes, dans le film italien, la foule s'installe autour de la Pythie. C'est peut-être la vénération, la croyance, l'attente de l'oracle, en d'autres termes l'attachement à leurs dieux, à leur religion que Pasolini exprime à la place des louanges de Sophocle à "Zeus"(p28), à "Artémis" (p18), à "Bacchos"(p18) le dieu de la cité et du théâtre. 

Or, lorsque l'oracle lui est donné par la Pythie, au retour, la foule jette des regards accusateurs sur Oedipe. Cette foule qui reprend l'image du chœur, juge Oedipe et l'oppresse comme marque divine qu'évoque la forte lumière. Toujours dans le film de Pasolini, le chœur s'installe au pied et autour du palais. Il ne peut juger ce qui se déroule dans la sphère intime tant que ce qui se passe n'est pas fait public. Le chœur qui voit ce qui se passe, comme la déclaration de Tirésias dans les deux œuvres, juge. Dans le premier stasimon de la pièce de Sophocle, le chœur vient à douter du savoir de Tirésias: (p29) "Mais, si Zeus et si Apollon sont sans doute clairvoyants et s'ils sont bien instruits du destin des motels, parmi les hommes en revanche, un devin possède-t-il, lui, des dons supérieurs aux miens? ". Lorsque Jocaste va prier entourée d'une assemblée de personnes dans le film de Pasolini, elle parle d'Oedipe et non pas au nom d'Oedipe. Elle se présente du côté du chœur comme acteur externe  qui voit et qui juge ce qui se passe. Le chœur témoigne de l'attachement religieux du peuple et soutient également ses valeurs morales. Ainsi il établit ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l'est pas et cela dans les deux œuvres. Dans le film de Pasolini, le jugement final paraît être donné par la foule qui regarde avec horreur Oedipe, criminel aveugle, sortir du palais. Dans l'épilogue du film, Oedipe, montré comme un marginal, est regardé de loin. Personne ne s'approche de lui pour lui donner une monnaie, il n'existe presque pas aux yeux des passants qui ne le considèrent pas. La sortie de la scène publique est synonyme de mort aux yeux du chœur qui ne chante plus. Dans la pièce de Sophocle, le chœur donne aussi le jugement final à la dernière réplique de la pièce. Celle-ci prononcée par le choryphée transmet la morale à retenir: l'homme doit être prudent car le sort commandé par les dieux tout-puissants peut être jeté à tout moment. 

Enfin, le chœur installé dans l'orchestre dans l'œuvre de Sophocle se situe entre les acteurs et les spectateurs. Cette place est symbolique car le chœur peut être vu comme l'image des spectateurs, de l'opinion publique dans l'histoire. Dans la film de Pasolini, ce "personnage collectif" est représenté par des attroupements de personnes qui expriment par des chants, la joie ou la douleur du peuple mais également par des rapporteurs qui peuvent s'apparenter à des choreutes, qui rapportent la pensée du peuple en s'exprimant directement avec les autres acteurs. Le chœur joue un rôle dramatique en participant à l'avancée de l'histoire, un rôle religieux et vénérant certains dieux, un rôle artistique par la dimension musicale qu'il apporte et également un rôle moralisateur par le jugement constant de l'action qui s'adresse en réalité au public. La tragédie tenant ses racines de la Grèce antique et étant un événement public de rassemblement, accorde bien évidemment de l'importance au peuple et donc au chœur qui fait vivre la cité où se déroule l'action. 


jeudi 1 décembre 2016

Le Choeur

Le chœur dans Œdipe Roi de Sophocle et Pasolini.

En plus des personnages principaux et des secondaires, se trouve le Chœur. Dans la pièce de Sophocle, le Chœur apparaît dans les intermèdes entre les épisodes. Il est l’intermédiaire entre la pièce qui se déroule et le public. Il reste présent tout au long de la pièce et assiste à tous les événements, cela lui permet de guider le spectateur en rappelant les éléments importants et en commentant les actions. Le Chœur est donc un observateur. Quels rôles joue-t-il dans la pièce de Sophocle ? Comment Pasolini transpose-t-il cette présence théâtrale dans son film ? Pour réponde à ces questions, nous verrons d’abord que le Chœur représente le peuple, ensuite qu’il a un rôle de confident et pour finir, qu’il donne une dimension lyrique à la tragédie.

         Le Chœur est un représentant du peuple. Tout d’abord dans la pièce de Sophocle durant le parados, les didascalies nous signalent l’entrée du chœur des vieillards thébains : le grand prêtre, le prêtre de Zeus. Il chante la souffrance de Thèbes et se fait porte parole des souffrances du peuple thébains : « les enfants qui n’ont pas la force de voler bien loin » et « ceux qui sont accablés par la vieillesse. » (p.185) Le Chœur représente donc la cité, les enfants et les vieillards, qui souffre et qui demande de l’aide. Cette représentation du Chœur, illustre le rôle important que jouait les citoyens à Athènes dans la vie politique.                   
Pasolini transpose le Chœur en plusieurs groupes collectifs témoins des évènements. Ce n’est pas toujours les mêmes groupes mais cette présence d’une collectivité est fréquente. Jocaste est souvent accompagnée d’un groupe de femme, ses suiveuses. Lors de l’affrontement entre Œdipe et Laïos, le père était accompagné par plusieurs gardes et pareils pour Œdipe lorsqu’il va à la rencontre du serviteur de Laïos qui l’a sauvé étant bébé. De plus, Œdipe apparaît pour la première dans le film devant le palais en face du peuple thébain. On peut donc dire que le Chœur est premier lieu un représentant du peuple dans la pièce de Sophocle, et que Pasolini transpose cela en plusieurs collectivités présentes dans le film.

         En plus d’être un représentant, le Chœur est également un confident. En effet, au Vème siècle, le théâtre était le reflet des débats politiques des citoyens à Athènes et comme l’a dit Annie, le Chœur était composé de manière hiérarchique : le Coryphée était le dirigeant et les choreteurs des membres du parlement, c'est-à-dire les citoyens. Voilà pourquoi Sophocle donne un rôle important au Coryphée. Tout d’abord il représente la voix de la raison. Il donne des conseils à Œdipe, dans le première épsode c’est lui qui conseil Œdipe de faire appel à Tirésias ; et lui remonte le moral. Le Coryphée refuse de prendre parti lors des affrontements entre les personnages et incite souvent Œdipe à se rendre raisonnable comme dans le deuxième épisode où il conseille à Œdipe d’exiler Créon au lieu de le condamner à mort. Le Coryphée s’impose donc comme un confident d’Œdipe : « Mais tant que le témoin ne t’a pas éclairé, garde espoir. » Dans le deuxième épisode, il conseille donc Œdipe et le rassure, cela souligne les liens forts entre ces deux personnages.                                                                                              Pasolini remplace le Coryphée par Angelo. Tout d’abord c’est la première personne à qui Œdipe a parlé à son arrivée à Thèbes. C’est lui qui a mit Œdipe au courant, dès son arrivée, du malheur qui accable Thèbes à cause de la Sphinge. Sa supériorité face aux groupes de thébains est efficacement illustrée lors de l’épilogue juste après qu’Œdipe se soit crevé les yeux, Angelo s’avance devant toute la foule jusqu’au niveau d’Œdipe et lui tend la flûte. De plus c’est également le seul personnage qui quitte Thèbes et accompagne Œdipe dans son exile. On peut donc dire que le Coryphée est mis en avant dans la pièce de Sophocle, et que Pasolini illustre ce personnage à travers Angelo, le messager. De plus dans la pièce de Sophocle, c’est lui qui clôt la tragédie en livrant une leçon de moral : le bonheur est fragile, il faut rester prudent.

Pour finir, le Chœur donne une dimension lyrique à la tragédie. Dans la pièce de Sophocle, la parole du Chœur est principalement chantée, même-ci celle du Coryphée ne l’est pas toujours. Le Chœur exprime de nombreux sentiments dans ces chants. Dans le premier stasimon, on ressent une certaine appréhension du Chœur, dans son chant, devant les révélations du devin mais cependant il garde tout de même confiance en Œdipe. Sa parole est structurée avec un rythme et des strophes accompagnées de leurs antistrophes.                                       
Chez Pasolini c’est la musique qui représente la fonction lyrique du Chœur. En effet le cinéma de poésie de Pasolini offre une forte présence de la musique de tout genre : les chants folklores africains, la musique japonaise et des fois justes des percussions. Tous ces genres de musiques illustrent l’atmosphère et l’ambiance du film. La mélodie de la flûte par exemple illustre l’incarnation du destin d’Œdipe.


En somme, nous pouvons donc conclure que le Chœur est à la fois un représentant du peuple et un confident du personnage principal. Ces nombreux chants offre une dimension lyrique qui caractérise la pièce de Sophocle. Pasolini transpose cette présence du Chœur théâtrale dans son film à travers plusieurs groupes de personnes qui représente le peuple et Angelo comme Coryphée. Les différents genres de musiques présents dans le film permettent également de donner une fonction lyrique au Chœur.

Ornella BUTARE.  

De Sophocle à Pasolini, un choeur à travers les âges...

Au théâtre grec, le Chœur était composé de quinze hommes appelés choreutes et chantait au son de la cithare. Les choreutes, contrairement aux acteurs, jouaient sans masques. Le Chœur était dirigé par un chef, le coryphée ; il guidait les choreutes et dialoguait parfois avec les personnages de la pièce ; le Chœur était également le lien de transition d’une scène à une autre à la place de rideaux comme de nos jours. Dans la tragédie grecque, la présence du Chœur était indispensable. Le Chœur commentait les actions des pièces et exprimait généralement les sentiments des spectateurs. Sophocle et Pasolini ont brillamment fait le choix d’intégrer dans leurs deux œuvres d’Œdipe Roi, la présence du Chœur mais sous différentes manières. Chez les deux auteurs, le Chœur joue un rôle primordial ; on pourra alors se demander on essaiera de voir dans un premier temps quels liens nous pourrons établir avec la dimension politique du Ve siècle. Puis, dans un second temps, quel rôle joue le Chœur dans la pièce les deux œuvres d’Œdipe Roi ?

Tout d’abord, la dimension politique du Ve siècle prenait une place importante dans les tragédies de théâtre grec antique. Le théâtre était souvent un instrument de critique et permettait indirectement d’apeurer les citoyens et de leur donner des exemples de leçons. En effet, en mettant en scène des personnages humains face à des Dieux, cela donnait la possibilité de renforcer la crainte des grecs face à cette puissance divine, et donc de maintenir un certain ordre (économique, commercial et politique) au sien de la cité. Egalement, le personnage principal joué dans les tragédies avait rarement le choix de s’en sortir vainqueur ou indemne (face à son destin) ce qui implicitement pouvait intimider les citoyens et les pousser à maintenir une logique de soumission ou de passivité. De plus, ces spectacles étaient la plupart du temps organisées lors de fêtes religieuses - en l’honneur du Dieu Dionysos - appelées les dionysies. Ces fêtes étaient organisées par l’Etat ce qui fait qu’elles avaient, derrière leur caractère religieux, un caractère politique. Allant au-delà de la représentation même, les pièces de théâtre étaient à l’origine de concours : deux à trois auteurs devaient présenter leurs pièces et un gagnant était élu. Sophocle, qui lui-même était très actif au sein de la cité d’Athènes, a plusieurs fois participé à ces concours et en est ressorti maintes fois gagnant.

Ensuite, le Chœur est un des éléments les plus importants de la tragédie grecque. Il désigne un ensemble d’une quinzaine de figures masculines et est le seul capable de briser le quatrième mur au théâtre (mur invisible qui sépare les spectateurs de la scène). Dans la pièce de Sophocle, le chœur rassemble un groupe de citoyens Thébains, ce sont eux qui font porter la voix de la ville : ses maux, ses demandes, etc. à Œdipe le roi. Dans le film de Pasolini,il n'apparaît que dans la seconde partie du film et n’a pas de présence constante. Ce ne sont pas toujours les mêmes personnages qui désignent le Chœur, parfois il s’agit d’un groupe bien distinct de personnes qui sont présentes lors de scènes importantes concernant Œdipe. On le retrouve durant la consultation de la pythie où un groupe de personnes assistent à la scène de révélations ; lorsqu’après cet annonce et qu’il revient sur ses pas, tous le regarde silencieusement comme des spectateurs, tel le chœur. De plus, les scènes de la peste où un groupe de thébains est représenté plus au bas de la place de la ville pourrait faire référence à l’orchestra : lieu où se situe le chœur dans la tragédie. Il s’y exprime et témoigne de ses émotions, ses pensées, etc. Il ne fait pas que cela, il s’exprime aussi par la danse et en chantant ce qui donne une dimension lyrique à la tragédie. On le remarque également dans le film de Pasolini, lorsqu’Œdipe traverse le désert et se retrouve au beau milieu de villageois célébrant un mariage ; on assiste alors à des chants et de la danse, clin d’œil du rôle du chœur. De plus, comme nous l’avons dit plus tôt, le chœur a la caractéristique de beaucoup extérioriser ses émotions. On le remarque dans le film de Pasolini, lorsqu’Œdipe arrive à Corinthe dans les bras de Polybe : on assiste à des chants et de la danse. Egalement lorsqu’Œdipe rencontre Jocaste pour la première fois, on note un rétrécissement du plan de la caméra en gros plan sur les émotions intenses du visage. Egalement, cet insistance du gros plan sur le visage d’Œdipe se répète à chaque consultation prédicatrice, que ce soit par Tirésias, ou les oracles.
Enfin, une dernière forme de présence du chœur dans le film se fait à travers la musique. Elle apparaît dans toutes les parties du film et par différents instruments : la flûte, les tambours/ ou tam-tam. Elle survient généralement entre deux scènes comme dans les tragédies, lorsque le chœur servait de transition.


Pour conclure, nous pouvons dire que le chœur est un personnage primordial, sous toutes ses formes. Il sert non seulement d’intermédiaire entre le public et la scène, mais aussi entre chaque partie d’une pièce, comme il apparaît chez Sophocle. Par contre, chez Pasolini, le chœur se découpe sous différentes facettes. Cette multiplicité de modèles apporte au personnage un caractère intemporel : le chœur voyage à travers les siècles, comme l’a su montrer Pasolini dans son film. En effet, chez le cinéaste, il est à la fois des groupes de personnages, une danse, un chant et une musique.

Lauren C.

Quel rôle pour le Choeur dans Oedipe Roi de Sophocle et comment Pasolini transpose-t-il sa présence dans son film ?

Le choeur dans les tragédie antique Grecque a un rôle majeur. Il commente et raconte les actions des personnages de l'histoire, il s'en détache et dialogue avec le public. Le choeur est hors de la scène, les personnages ne peuvent entrer dans sa zone, il est absolument détaché d'eux et dialogue seul ou avec le public. 

Dans Oedipe Roi de Sophocle, il mène l'intrigue de la tragédie. « Qui prétend se garder d'erreur trouvera qu'il a bien parlé. Trop vite décider n'est pas sans risque, roi. » (v.616-7) par exemple, ici, il donne envie de connaître la suite, car lui est au courant de tout et nous voulons ainsi en savoir autant que lui. C'est lui qui conclut la pièce, ce qui prouve aussi son importance dans la pièce de Sophocle. 
Le Choeur ici, aide Oedipe, le déroulement de la pièce et le public. Il l'aide a se calmer, a réfléchir tant dis qu'il aide le public a comprendre et a vouloir continuer étant donner qu'il mène l'intrigue. 

En somme, le chœur est  un personnage à part entière de la pièce qui permet de pousser Oedipe a agir.  il joue aussi un rôle dramatique : il offre plus de richesse à la représentation théâtrale étant donné qu'il chante et danse, il rythme l'histoire. 
Enfin, il permet d'abaisser le quatrième mur en les plongeant émotionnellement dans les actions. 

Il est maintenant nécessaire de se demander comment Pasolini a t il transposé le Choeur (élément important de la tragédie Grecque Antique) dans son film Oedipe Roi. 
Dans la pièce le choeurs est toujours présent tant dis que dans le film, il n'a pas de présence constante. Il est souvent formé d'un groupe, chez Sophocle c'est un groupe de vieux Thébains et chez Pasolini, les groupes changes tout au long du film, par exemple: quand il consulte la pythie devant un groupe de pèlerins et devant un groupe de prêtres, lorsqu'il revient sur ses pas, ils le regardent passer comme le chœur le ferait. Ou encore la première rencontre d’Œdipe et de Jocaste devant un groupe de thébains encore une fois, spectateurs. Les groupes de femme dans le prologue avec la mère ainsi que ceux jouant avec Jocaste à la fin en représente aussi. 

Le choeur est un conteur, musicien, incluant les émotions dans ses textes, dans le film il est donc transposé à travers les rires (les femmes qui jouent avec jocaste), les émotions du visage (La mère qui allaite son fils et qui regarde la caméra tristement, Jocaste qui regarde de la même manière la caméra à la fin) et ensuite, la musique (les femmes qui chantent, le couple de mariés qu'Oedipe croise dans le désert qui chantent et dansent, la flûte). Etant un éléments très important du choeur ici, la flûte accompagne le film d'un air tragique, mélancolique et ainsi il entraine le publique dans la tragédie. 

Ainsi, Dans le film de Pasolini, le chœur est transposé en groupes de personnages témoins des événements qui surviennent avec émotion. 
La musique, tout au long du film apporte tragique du choeur dans le film.  

Wone Diélia